15e Woodstock en Beauce: le vent dans les toiles

15e Woodstock en Beauce: le vent dans les toiles

(Saint-Georges) Pour ses 15 ans, Woodstock en Beauce souhaite accueillir 100 000 festivaliers venant de tous les coins du Québec et d’ailleurs.

André Gagné, un des trois organisateurs de Woodstock en Beauce, n'est pas peu fier du spectacle décrivant les 15 ans du festival qui sera présenté dans la vieille grange rénovée.

André Gagné, un des trois organisateurs de Woodstock en Beauce, n'est pas peu fier du spectacle décrivant les 15 ans du festival qui sera présenté dans la vieille grange rénovée.

 

Depuis des jours, les organisateurs du festival et leur équipe s’affairent à paver les chemins de gravier, à installer l’électricité près des arbres et des clôtures, à transporter les poubelles et les toilettes, à délimiter les aires de camping dans les champs, à monter les scè­nes et les installations qui feront de Woodstock en Beauce, pour une 15e année consécutive, un événement unique en son genre.

 

«Cette année, nous avons connu la plus importante vente de passeports à vie. Il y en a eu près de 25 000. C’est dire à quel point les gens tiennent à se déplacer, à se rencontrer, à fêter ici, ensemble», dit André Gagné, un des trois responsables du Woodstock en Beauce, avec ses comparses Michel Plante et Pierre Poulin.

 

 

Premiers arrivés

 

«Nous pensions pouvoir piquer notre tente sur le terrain mardi. Erreur. Nous avons dû attendre en file jusqu’à l’aube hier pour entrer. Mais ça fait partie du trip», raconte Chanelle, qui, avec sa gang de Beloeil, a passé la nuit dans la voiture au bord d’un fossé du rang 8.

 

«Nous voulions être les premiers, mais oubliez ça, lance Érick de Montréal. L’auto a fait des siennes et sans l’aide d’un bon Samaritain, nous serions encore sur le bord du chemin quelque part par là.»

 

Même si le vent contrevient à l’installation de la toile qui a plus envie de se transformer en cerf-volant qu’en tente, Alexane, Phélyssia, Didier et Hugo sont déterminés à installer leurs pénates.

 

«Nous ne sommes pas pressés», ajoute René qui, lui aussi, vient de Saint-Jérôme. «Nous plantons un piquet. Nous prenons une bière. Nous en plantons un deuxième. Nous mangeons. Autour du troisième, nous nous reposons. Et pour le quatrième, plus récalcitrant, on trouvera bien une solution. Mais on ne sait pas quand.»

 

Sans l’ombre d’un doute, ces joyeux troubadours avouent être du Woodstock en Beauce pour l’ambiance.

 

«Ici, c’est la nature. Impossible de ne pas décrocher, dit Hugo. Chacun d’entre nous a eu la piqûre. D’année en année, nous revenons. Le groupe change. Mais ce qui ne change pas, c’est la bonne humeur, l’entraide, la camaraderie. Tout ça, c’est vraiment spécial. Ça fait du bien, tellement de bien.»

 

Une nouveauté : La Grange

 

En plus d’une soixantaine de spectacles répartis sur cinq jours, les participants à Woodstock en Beauce auront l’occasion, de midi à minuit à compter d’aujourd’hui, d’assister à un spectacle son et lumière relatant les 15 ans du Woodstock.

 

En 2005, ce bâtiment usé par les saisons menaçait de s’écrouler. Quatre ans et 250 000 $ plus tard, La Grange devient le premier endroit sur le site où l’on trouve de l’eau et des installations sanitaires modernes.

 

«Les gens pourront entrer, prendre un verre en regardant l’exposition des photos des shows et de la foule depuis 1994. Puis, le spectacle qui rend hommage à celles et ceux qui ont foulé les scènes du Woodstock en Beauce se prolonge, haut en couleur et en sonorité, pendant 22 minutes. Les murs intérieurs servent d’espaces de projection», précise André Gagné.

 

Près de 800 travailleurs s’affairent sur le site pendant toute la durée du festival. Des bénévoles de plusieurs organismes à but non lucratif offrent du bois, de l’eau, de la glace. La sécurité est, en partie, assurée par l’organisation. Toutefois, un poste de commandement a été installé au village par la Sûreté du Québec, présente aux entrées et sorties du terrain.

 

Coup de fil d’Ottawa?

 

S’il a un voeu à formuler aujourd’hui même, André Gagné ne cache pas que c’est de recevoir un téléphone lui confirmant qu’Ottawa appuie le Woodstock en Beauce en lui versant enfin une aide financière.

 

«Nous attendons depuis longtemps les appuis significatifs des gouvernements. Nous avons demandé 100 000 $. À date, Tourisme Québec a versé 55 000 $ pour les installations de La Grange, mais nous n’avons rien eu d’autre. Après 15 ans, avec des milliers de festivaliers, une programmation soutenue et hors pair, aucun accrochage ni dans la foule, ni sur le terrain, nous mériterions d’être reconnus et appuyés», laisse-t-il tomber.

Luce Dallaire, collaboration spéciale
Le Soleil

 

(extrait de Cyberpresse)


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