Lancer un album de Noël est une excellente idée par les temps qui courent. Au Québec, sept de ces disques se sont faufilés parmi les cinquante plus vendus du 9 au 16 novembre. Cette semaine-là, les albums du temps des fêtes se sont écoulés à plus de 13 000 exemplaires dans la province, ce qui représente 12% du total des ventes des 200 plus vendus, selon Nielsen SoundScan.
Dans une industrie du disque en déclin, on peut parler de raz-de-marée, ou plutôt de belle bordée.
« Les disques de Noël sont toujours de bons investissements pour les compagnies », affirme Denis Pantis, président des Disques Mérite, qui possède presque tout ce qui s’est fait dans le domaine au Québec dans les années 1960 et 1970.
« Ce n’est pas très compliqué à faire, donc les coûts de production sont assez bas, et on sait à l’avance que les amateurs achèteront, explique-t-il. En plus, ces disques vendront des exemplaires tous les mois de décembre pendant plusieurs années. »
Pour une petite étiquette comme Mérite, la musique de Noël représente environ 35 000 disques vendus par année.
« C’est une période très importante, confirme Stéphane Drolet, de Sony BMG. La tradition est très bien ancrée chez les amateurs. » Il cite en exemple le disque These Are Special Times, de Céline Dion, qui s’est écoulé à près de 180 000 exemplaires depuis dix ans et qui est de retour cette semaine dans le top 200 des ventes.
Couverture chaude
Signe que la tradition ne s’essouffle pas, la plupart des disques les plus vendus cette année sont des nouveautés. Sarah Brightman, Patrick Norman, Marie-Élaine Thibert, La Compagnie Créole, Loreena McKennitt : les artistes de tous les horizons ont succombé à l’appel des anges de nos campagnes.
Mais d’où vient cet engouement des artistes envers cette musique pourtant stéréotypée au possible ?
Le chanteur country Patrick Norman a une explication. Après avoir enregistré deux disques de Noël au début des années 1990, il a récidivé cette année avec Plaisirs de Noël, qui a déjà dépassé les 4000 exemplaires vendus en deux semaines.
« Je me souviens de ma jeunesse, où nous écoutions ces chansons en famille à la radio, se rappelle-t-il. En tant qu’artiste et humain, ça me réconforte toujours d’y replonger année après année. C’est une atmosphère très particulière qui agit comme une couverture chaude. C’est le remède à bien des maux.
« Et de façon générale, je crois que Noël est une occasion d’effacer pour un moment les distances qui minent parfois nos relations, poursuit-il. C’est un temps de l’année où il est permis de prendre du repos et de nous ressourcer, de nous remettre les deux pieds sur terre. »
(extrait du site Web www.canoe.com)