« J’ai choisi le Théâtre Outremont parce que j’adore ce théâtre et je n’y ai pas mis les pieds pour un spectacle depuis 1977 et là j’ai une bonne occasion », raconte l’auteur-compositeur-interprète et poète lors d’une courte mais sympathique entrevue téléphonique.
Lors de cette soirée, Zachary et ses musiciens proposent une incursion imprégnée de la Louisiane, de ses bayous et…de sa musique.
« Je travaille avec une équipe absolument exceptionnelle. Il y a David Tokanowsky aux claviers, Denis Courchesne à la batterie et aux percussions, Nicolas Fiszman à la basse et Éric Sauviat [le guitariste de Francis Cabrel], aux guitares. C’est un peu un spectacle qui est le reflet de ma vie. J’ai eu la chance de travailler avec les meilleurs musiciens du monde. Je suis un gars de « band » et c’est vraiment un spectacle où on va laisser la place à l’improvisation. »

Zachary Richard promet de partager de nouvelles chansons de son album, une collection de chansons fortes et engagées socialement, comme La ballade de DL 8-153, qui adresse la situation des bélugas du Saint-Laurent, et la touchante Ô Jésus, qui évoque le génocide rwandais. D’ailleurs, tous les droits d’auteur de cette chanson sont consacrée à l’organisme Mobilisation les Enfants du Monde, qui œuvre à améliorer les conditions de vie de la jeunesse et la diaspora africaine.
Mais, que les fans se rassurent, les chansons Travailler c’est trop dur, Au bord de lac Bijou, et La ballade de Jean Batailleur seront au programme, Zachary Richard sachant bien que le public les attend.
« J’ai déjà rencontré un vieux Cajun qui m’a parlé de l’importance de la tête, du cœur et des pieds. Je veux faire rêver et sentir la musique, mais aussi danser », évoque-t-il de son accent qui fait fondre bien des femmes.
Six ans se sont écoulés depuis son dernier disque, six ans où il n’a pas chômé. « J’ai eu une tournée en 2003 et après cinq projets de documentaires télé. En 2006, mon disque était prêt à sortir, mais Katrina [l’ouragan qui a dévasté la Nouvelle-Orléans en août 2005] est arrivé et je me suis consacré à d’autres choses. »

Justement, comment se porte son coin de pays, oasis de culture francophone dans le bassin nord-américain ? Est-ce que les musiciens, héritiers de Louis Armstrong et autres grands artistes ont regagné le French Quarter depuis que Mère Nature s’est déchaînée ? « C’est une réponse qui doit être nuancée. Pour certains quartiers, ça va même mieux. Les quartiers touristiques ou même le French Quarter, c’est plus propre et plus sécuritaire. Dans le secteur est de la Nouvelle-Orléans par contre, il y a des coins encore abandonnés où l’électricité et l’eau ne sont parfois même pas encore tout à fait rétablis. La reconstruction est inégale. »
Entre une séance de jogging au Parc Pratt et du vélo sur le mont Royal, Zachary Richard apprécie beaucoup son temps à Outremont. « C’est un quartier attrayant, avec une forêt urbaine. C’est un quartier de bons vivants et pour moi, un bon dépaysement, parce que en Louisiane j’habite sur une ferme. Je ne suis pas un citadin, mais j’apprécie Outremont. »
Et pour la suite des choses ? L’auteur-compositeur-interprète prépare actuellement un nouveau disque, dans la langue de Shakespeare, « mon premier en anglais depuis quinze ans. »
Beaucoup de travail l’attend aussi sur sa ferme dans le sud de la Louisiane où il vit au beau milieu des pacaniers. « Mais c’est vraiment avec beaucoup de plaisir que je retrouve mon public montréalais. » C’est réciproque.
(extrait du site web www.expressoutremont.com)
photos Musiquefranco
Matthieu Bichat www.myspace.com/mattbichatph…