Francis Cabrel était là pour les 40 ans du Festival d’été, partageant la scène avec le grand Zachary Richard, un événement. Patrick Bruel, absent des scènes québécoises depuis sept ans, renouait avec le public d’ici en juin. Julien Clerc, lui, revenait à Québec (Capitole, avril) pour la première fois en 10 ans. Et il a suffi d’une chanson, avec cette voix si singulière et ce sourire à faire fondre les cœurs, pour comprendre comment il est parvenu à séduire trois générations de gens. Un spectacle hypnotisant, parmi les plus beaux souvenirs de l’année.
Dans les moments vibrants, je retiens aussi le passage de Raphaël au Grand Théâtre de Québec. Des chansons lucides et romantiques, des mélodies qui ne vous quittent plus, une présence toute délicate et puis une voix si poignante qu’elle vous happe en plein cœur et vous noue la gorge.
Il y a eu aussi Pierre Lapointe, magnifique et touchant avec La forêt des mal-aimés. Oubliez le concert avec l’Orchestre métropolitain du Grand Montréal, pendant lequel il faussait beaucoup. Au Grand Théâtre, Lapointe était en voix et sa mise en scène, servie par des éclairages révélateurs de chansons, était d’une grande beauté.
Autre concert mémorable : Daran au Petit Champlain en octobre. Devant un public qui le vénère presque, le rocker français s’est donné sans réserve. Son chant comme un cri de révolte, appuyé par un mur de guitares électriques, a provoqué des tremblements de cœur.
Sur la même scène, en novembre, Daniel Lavoie, seul au piano, a revisité ses immortelles et offert ses nouvelles chansons, les reliant d’un chapelet de poèmes qu’on voudrait bien réentendre. En voilà un qui vieillit bien : l’interprète en lui couvre de plus en plus large, dans le registre vocal comme dans la palette d’émotions.
Dans la catégorie des regrets : j’aurais voulu entendre Les Respectables avec l’OSQ et assister au spectacle Lettres ouvertes de Richard Séguin, dont on a dit beaucoup de bien. Dans le deuxième cas, ce n’est que partie remise : il revient en 2008 au Grand Théâtre. Mais le pire, c’est que je n’aurai jamais eu la chance de voir Les Rita Mitsouko en concert. Ils ont échappé au Festival d’été cette année, mais devaient venir au Québec cet hiver. Sauf que Fred est mort.
Revenons en terminant sur Dumas. À la scène, 2007 a été son année. En plus de son incroyable série de spectacles au National, une salle de 850 places (où il poursuit en janvier), il s’est offert la Louis-Fréchette du Grand Théâtre de Québec deux fois plutôt qu’une. C’est sans compter le reste de sa tournée provinciale et sa participation bien placée au festival Osheaga de Montréal. Décidément, il faudra que l’ADISQ finisse par reconnaître la qualité de cet artiste, reparti bredouille du gala cette année.
(extrait de Cyberpresse)