Isabelle Boulay : le spectacle country parfait

Isabelle Boulay : le spectacle country parfait

Le spectacle country parfait existe-t-il ? En tout cas, hier soir, au Théâtre du Nouveau Monde, Isabelle Boulay a frôlé la perfection en présentant son spectacle De retour à la source, inspiré de son récent disque du même nom, où le country est à l’honneur.

Perfection ? Oui, alors même qu’elle n’a jamais été aussi naturelle, aussi simple et ingénue, aussi elle-même, la belle Isabelle, qu’en chantant 11 des 12 chansons country contemporain de son album, mêlées à des classiques du western québécois, tels Neige sur la bible de mon père, Mille après mille et J’ai un amour qui ne veut pas mourir, ou encore des immortelles du country américain comme Crazy ou Always on My Mind, composées par son idole, Willie Nelson. Et que dire du trio de chansons signées Zachary Richard (dont Jamais assez loin), sinon que c’était magnifique ?

Perfection ? C’est tout simplement organique, chez Isabelle Boulay, cette musique qu’elle interprète depuis l’âge de 7, 8 ans, comme en témoignent les nombreuses photos d’enfance projetées sur grand écran avant le spectacle, sur fond musical western. Le même beau sourire de la petite fille chantant Vole colombe, il flottait sur ses lèvres, hier soir, quand elle chantait la version française de Jambalaya ou la très belle Lui, que lui a écrite le grand Paul Daraîche pour qu’elle puisse faire la paix avec son père mort. Les morceaux plus rythmés se mariaient parfaitement aux valses western, et avec un humour délicieux, la rousse Isabelle pouvait annoncer le morceau Si j’étais perdue, « chantée à l’époque par la grande Nana Mouskouri ; mais ce soir, c’est la petite madame Boulay qui va vous la faire. »

Perfection ? En gracieuse robe corolle noire, en long manteau à franges ou en simple jeans, à la toute fin, Isabelle Boulay était tout simplement resplendissante et d’une sensualité extraordinaire, avec le plus joli déhanchement qui soit et la voix la plus chaude possible sincèrement, cela fait plus de 10 ans que je la voie en spectacle et je ne l’ai jamais vue aussi heureuse sur scène. Le public a été immédiatement séduit, touché par ce répertoire fait pour chanter, comme Isabelle Boulay le dit « le coeur, la dignité humaine et l’espoir ».

Perfection ? Oui, grâce aussi à ses musiciens, une véritable équipe de rêve sous la direction sensible du guitariste Christian Péloquin voir Francis Covan au violon, Jason Lang à la guitare et Jean-Guy Grenier, notre pedal steel guitar héro national, côte à côte, aussi heureux que celle qu’ils accompagnent, c’est une raison de plus d’aller voir ce spectacle, encore présenté ce soir et demain. La perfection parfaite, ce serait qu’il se trouve ensuite sur un disque…

S’il n’y a qu’un seul tout petit bémol, c’est que la salle était remplie de spectateurs plus âgés qu’Isabelle Boulay, ce qui n’est pas du tout un défaut, bien sûr. Il est juste dommage que les plus jeunes amateurs de musique, ceux qui trident actuellement sur le répertoire des années 60 et 70, ne s’intéressent pas aussi au country, particulièrement au country d’ici, tel que l’interprète, dans des conditions optimales, Isabelle Boulay. Le country, c’est littéralement la musique du pays intérieur, celui que nous portons tous au coeur et qu’Isabelle Boulay chante avec tout le sien, de coeur.

extrait de la Presse
Marie-Christine Blais


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